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Colloque du 17 mai 2008 - deuxième table ronde
Table ronde N° 2
11H30 à 13h00
L'histoire et la culture au miroir de la République et de la nation :
quels repères ?
Michel Duffour, Pap Ndiaye
Jacques Renard, Brigitte Krulic, Bernardo Montet
Modérateur
Jacques RENARD, administrateur civil
Intervenants 
Michel DUFFOUR, ancien ministre, ancien sénateur (PC)
Brigitte KRULIC, professeur des universités
Bernardo MONTET, chorégraphe
Pap NDIAYE, historien
C'est l'histoire qui est ainsi revisitée. Quel panthéon national ? Quelle "politique" des grands hommes, s'il y a lieu ? Au fond, quelle "histoire partagée" peut être élaborée ?

C'est la culture qui est aussi au coeur du débat, comme un ensemble de références et de valeurs, de règles et d'habitudes, qui, se transmettant, constituent le ciment de l'individu comme celui de la nation.

Aujourd'hui, le monde culturel et artistique est le lieu même de l'interrogation sur ces thèmes majeurs intégration / communautarisme, interculturalité / multi culturalité, puisque les cultures issues de l'immigration et le métissage culturel sont au coeur de maintes créations et de pratiques individuelles et collectives. La question culturelle se trouve ainsi intimement liée à celle de la définition de l'identité nationale. La dimension artistique a un rôle décisif dans la construction d'une société ; l'art est libre ; il dérange, pressent, éclaire ; il est rebelle. Aussi la parole des artistes contribue à remettre en cause les certitudes, mais aussi, par sa fonction même de critique et d'interpellation, peut être sur le "vivre ensemble" d'un grand apport.

Comment les principes et les valeurs qui fondent le modèle républicain peuvent-ils se conjuguer avec les éléments constitutifs de la France contemporaine ? Faut-il chercher de nouvelles références pour l'identité nationale ? S'agit-il, pour la gauche, davantage de "faire société" que de "faire nation" ? Qu'est-ce qu'une citoyenneté renouvelée, et suppose-t- elle la fierté d'être français ?
Autrefois les certitudes : l'universalisme républicain ne connaît que des individus, pas des communautés ; l'intégration des immigrés se fait selon le processus d'assimilation. Aujourd'hui la complexité du monde : le respect des différences et la reconnaissance de la diversité se sont imposés, avec la réalité d'une France pluriculturelle.

D'où le développement du débat universalité / identité : l'oubli de la première est souvent perçu comme facteur de communautarisme, au risque de la dilution du socle républicain égalitaire, tandis que le refus de la seconde induirait la normalisation et pourrait inciter, par réaction, à l'exacerbation de pulsions identitaires.

Rappelons la montée de l'extrême droite ou la question du droit du sol d'abord, le non au référendum européen, la crise des banlieues, l'importance nouvelle du thème de la mémoire (la guerre et la Résistance, la colonisation...) ensuite, qui témoignent du trouble des repères.

Enfin de nouveaux thèmes surgissent dans l'actualité : la repentance, les statistiques ethniques, les tests ADN...

  
Gérard Noiriel
ARGUMENT

Raisonnement donnant une preuve appuyant ou allant contre une proposition
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